Savoir en actes

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lundi 2 janvier 2012

Médiation numérique en bibliothèque : accompagner l'innovation et le changement ?

(Ce texte a été publié, dans une version légèrement raccourcie, dans le magazine ARCHIMAG N° 249 Novembre 2011)


Diffusion de l'innovation selon E. Rogers
Diffusion de l'innovation selon E. Rogers (1964)

Une notion émergente

La notion de médiation numérique est apparue depuis quelques années dans le jargon des professionnels des musées et de la lecture publique. De quoi s'agit-il ?

Il désigne le fait de s'appuyer sur des technologies et dispositifs numériques pour mener un travail de médiation culturelle. Il s'agit par exemple d'assurer la médiation des collections d'une bibliothèque auprès des lecteurs, via la mise en place d'un blog ou d'un site portail, la présence sur les réseaux sociaux, ou l'interfaçage de l'OPAC avec un système affichant les recommandations des lecteurs ou des bibliothécaires.

Dans le domaine muséal, les anglo-saxons parlent de digital interpretation pour désigner le recours à des scénographies faisant la part belle aux technologies numériques : modélisation et reconstitution de bâtiments en 3D, visite virtuelle dans des images de synthèse, applications de réalité augmentée1, ou plus simplement notices descriptives accessibles sur des smartphones à l'aide d'une application de lecture de QR code2.

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lundi 31 octobre 2011

N'apprenez jamais l'informatique à vos enfants !

Plaquette Unesco pédagogie Waldorf-Steiner

La lecture de l'article publié par Hubert Guillaud dans InternetActu du 25/10/2011 Education et nouvelles technologies : y croire ou ne pas y croire ? , dans lequel est cité longuement le paradoxe des parents travaillant dans la Silicon Valley et mettant leurs enfants dans des écoles Waldorf où les ordinateurs sont "proscrits", m'a donné envie de republier sur ce blog cet article.
Je l'ai écrit en 2008 pour le journal de l'Ecole Waldorf-Steiner de Lyon (Saint-Genis Laval), où mes filles on suivi une grande partie de leur scolarité et dans laquelle j'anime depuis 3 ans à la demande du collège des professeurs, un atelier "informatique" sur une période de 3 semaines. Le titre original était : Faut-il enseigner l'informatique dans une école Waldorf ? Question subsidiaire : Quand et comment convient-il de le faire ?


J'ai choisi pour ce billet un titre plus provocateur, le contenu de l'article l'est moins ;-)  Il a été rédigé pour expliquer aux parents et enseignants de cette école dans quelle philosophie je comptais travailler, pour introduire pour la première fois dans le programme, une activité autour des technologies informatiques et numériques.

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dimanche 2 octobre 2011

La route de la Médiation numérique n'est pas un long fleuve tranquille ! (vidéo)



Voici la vidéo de la conférence d'introduction que j'ai tenu le 19 septembre dernier au Palais des Congrès d'Ajaccio, dans le cadre des Assises nationales de la médiation numérique.

La conférence a duré une cinquantaine de minutes et avait pour objectif de poser des bases communes au plus grand nombre, en faisant quelques rappels sur l'histoire et les enjeux et en introduisant cette notion de « médiation numérique » nouvelle pour pas mal de monde. (Voir les autres interventions en vidéos sur le site des Assises)

Elle s'appuyait sur l'article « Vers une définition de la médiation numérique », publié avant les Assises, mais apportait aussi des éléments nouveaux.


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mercredi 10 août 2011

Vers une définition de la Médiation numérique

J'ai été sollicité pour assurer un conférence introductive lors des Assises de la médiation numérique qui se dérouleront à Ajaccio du 19 au 21 septembre 2011. Voici en avant-première quelques éléments de définition afin de proposer les bases d'un cadre de réflexion commun.

médiation numérique

image via KJB de signets graphiques par Loic Hay

Définir la médiation numérique, pour quoi faire ?

Ce travail de définition contribue à construire une identité professionnelle pour les personnes chargées d'accompagner les usages des technologies, services et médias numériques.

Ces personnes peuvent être,

  • des professionnels spécialement affectés à cette mission : animateurs-trices multimédia dans des lieux d'accès publics à internet ou Espaces publics numériques, intervenants vacataires d'ateliers d'initiation, formateurs-trices intervenants auprès de publics en insertion sociale ou professionnelle, …

  • des personnes exerçant occasionnellement ce rôle dans le cadre de leurs fonctions professionnelles ou bénévoles : bibliothécaires, médiateurs-trices culturels, conseillers d'insertion, assistant-e de vie auprès de personnes âgées, éducateurs-trices auprès de personnes handicapées, …

La médiation numérique : un enjeu d'équité

Dans une société dite « de l'information » ou « de la connaissance », une maîtrise minimum des outils technologiques (ordinateur, guichets et bornes automatiques, téléphone mobile, et autres assistants numériques), compétences informationnelles pour se repérer dans la masse d'informations disponibles, de même qu'un rudiment de culture générale sur le numérique (principes de fonctionnement des réseaux, éco-système des médias numériques, règles éthiques et juridiques, ...), tendent à devenir des compétences nécessaires pour exercer une citoyenneté de plein droit.

Il existe une catégorie de personnes qui ne sont pas familières avec les technologies numériques, qui ignorent les services et contenus auxquelles elles permettent d'accéder, qui peinent à s'adapter aux évolutions rapides des matériels, au point de se trouver défavorisées, voire handicapées, dans leur vie quotidienne du fait de leur manque d'autonomie dans l'usage de ces outils.

Accompagner ces personnes vers l'autonomie dans ce nouvel environnement où la communication humaine est de plus en plus souvent médiatisée (dans le sens où elle passe par des « objets et systèmes communicants » tels que téléphones, ordinateurs, messageries, réseaux sociaux …) est un véritable enjeu de société : un enjeu d'équité.

Remarque : Dans l'univers des bibliothèques, le terme de "médiation numérique" a commencé à être utilisé par certains bibliothécaires dans un sens assez différent, qui désigne davantage les nouvelles formes de médiation des collections grâce à l'usage des outils numériques (Voir notamment la définition de Sylvère Mercier sur son blog Bibliobsession ou la présentation  de Lionel Dujol sur Slideshare). Médiation de la culture numérique versus Médiation culturelle via le numérique, les deux approches sont complémentaires et peuvent cohabiter, il faut juste préciser d'où on parle et à qui on s'adresse.

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dimanche 7 août 2011

Le programme numérique de l'UMP pour 2012 : "le meilleur reste à venir" (SIC)

Voici l'analyse graphique sous forme de nuage de tags, des thèmes évoqués dans le programme numérique de l'UMP intitulé « Révolution numérique : le meilleur reste à venir », publié le 28 juin 2011.

Programme numérique UMP Présidentielles 2012

Méthode : Chaque proposition est « taguée » avec les mots-clés correspondant aux thèmes abordés (plusieurs mots-clés possible par proposition). On totalise ensuite le nombre d'occurences de chaque thème présent dans le programme.

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vendredi 8 juillet 2011

Le programme numérique du parti socialiste : pas ma tasse de thé, même avec un nuage de tags

Voici l'analyse graphique sous forme de nuage de tags, des thèmes évoqués dans le programme numérique du Parti socialiste, publié le 22 juin 2011 par le laboratoire des idées du PS. WordlePS2012_2

Méthode : Chaque proposition est « taguée » avec les mots-clés correspondant aux thèmes abordés (plusieurs mots-clés possible par proposition). On totalise ensuite le nombre d'occurences de chaque thème présent dans le programme.

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vendredi 22 avril 2011

Le fossé numérique entre dans la 3ème dimension

Le Centre d'analyse stratégique (CAS), organe officiel rattaché au Premier Ministre (baptisé « Commissariat général au plan » avant 2006), vient de rendre public le 20 avril dernier son rapport au Parlement Le fossé numérique en France.

Exit la fracture, ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre ! ( Voir un article qui date de 2004 : Pour en finir une fois pour toute avec la fracture numérique). L'analyse du fossé ne manque pas de relief, puisque ce sont trois fossés numériques qui sont décrits dans ce rapport :

  • un fossé générationnel, laissant les personnes âgées en marge des nouvelles technologies ;

  • un fossé social, qui exclut les plus démunis ;

  • un fossé culturel, qui prive les moins instruits des opportunités de l'outil informatique.

Non-usages de l'ordinateur et d'internet selon les groupes les plus exclus du numérique
Je suis d'accord avec cette trilogie et l'analyse a le mérite de faire ressortir clairement des données contenues de façon éparses dans divers études et rapports. Le rapport complet (120 p.) ne se contente pas d'exploiter les données des enquêtes INSEE et des analyses du CREDOC. Il accorde aussi une part intéressante à des études moins connues (G. Valenduc, P. Mallein, … voir références en fin d'article) et à des retours d'expériences menées à l'étranger.

Mais dans la note de synthèse (12 p.), qui sera sans doute le seul document que liront les décideurs et leurs conseillers, ce qui ressort est nettement moins riche de nuances. Au point qu'on se demande si cet executive summary n'a pas été écrit avant le rapport, ou ce qui revient au même, par une personne qui n'a pas vraiment lu ou pas compris les données du rapport ...

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samedi 2 avril 2011

Eduquer, c'est créer les conditions de l'épanouissement humain

Les Conférences TED (pour Technology, Entertainment, Design), réunissent chaque année des conférenciers internationaux prestigieux. J'ai choisi de vous présenter celle du britannique Ken Robinson, qui propose un changement de paradigme dans notre façon d'aborder l'Education, en accordant plus de place à la créativité.

Ken Robinson TED2010
Cliquez sur la vignette ci-dessus pour accéder à la vidéo de la conférence. (durée : 18 mn)
(Possibilité d'afficher les sous-titres dans la langue de votre choix et d'accéder directement à n'importe quel extrait de la vidéo à partir de la retranscription du texte du conférencier, grâce à une utilisation très réussie du principe de Rich Media.)

"Je pense que nous devons changer de métaphores. Nous devons aller de ce qui est essentiellement un modèle éducatif industriel, un modèle manufacturier, qui est basé sur la linéarité et la conformité et des fournées de gens... Nous devons aller vers un modèle qui est davantage basé sur les principes de l'agriculture. Nous devons reconnaître que l'épanouissement humain n'est pas un processus mécanique, c'est un processus organique. Et vous ne pouvez pas prédire le résultat du développement humain ; tout ce que vous pouvez, comme un fermier, c'est créer les conditions dans lesquelles ils vont commencer à s'épanouir."

Sir Ken Robinson - "Bring on the Learning Revolution" - Février 2010 - TED2011 Conference

http://www.ted.com/talks/sir_ken_robinson_bring_on_the_revolution.html

dimanche 28 novembre 2010

Les pires pratiques en matière d'usages des TIC en Education

Dans un article précédent, j'évoquais un article passionnant d'Hubert Guillaud dans InternetActu (repris aussi sur Le Monde.fr), dont la suite est publié cette semaine :  La technologie peut-elle éliminer la pauvreté ? (2/2).

En recherchant des références en ligne, pour documenter mon commentaire posté en bas de cet article, j'ai trouvé quelques perles que je m'empresse de partager.

Teacher's Desk

Dans un billet d'avril 2010 sur son blog Edutech, Michael Trucano dresse une liste des « pires pratiques en matière d'usage des TIC en Education ».

Les blogs fourmillent de ces listes de « best of » en 10 points, pas toujours bien inspirées et quelques fois établies à la vas-vite. Celle-ci m'a tout de suite plu car elle recense les principaux obstacles rencontrés par les projets innovants, plutôt que de donner une liste de recettes des trucs qui marchent, communément appelées « bonnes pratiques ». De plus le Monsieur n'est pas n'importe qui et il s'appuie sur un énorme travail de synthèse et de recherches en matière d'évaluation. (voir références en bas d'article)

1. Lacher du matériel dans les écoles en espérant que la magie opère ("Dump hardware in schools, hope for magic to happen")

2. Vouloir installer ailleurs des solutions conçues pour le contexte éducatif des pays de l'OCDE

3. Se préoccuper des contenus éducatifs seulement après que tout le matériel ait été déployé

4. Croire qu'il suffit juste d'importer des contenus pédagogiques déjà créés ailleurs

5. Ne pas observer, ne pas évaluer (en particulier, la question de l'impact de l'usage des TIC en éducation)

6. Parier gros sur une technologie qui n'a pas encore fait ses preuves (surtout si elle est repose sur des normes propriétaires et fermées) ou sur un seul fournisseur, sans alternative

7. Ne pas prendre en compte (ou reconnaître) le coût réel total de l'opération ou achat (sous-estimer les coûts induits) (

8. Ne pas se préoccuper des questions d'équité d'accès aux TIC

9. Ne pas former les enseignants, ni les directeurs d'écoles, sur ces sujets

10. A vous de compléter …

A propos de Michael Trucano.

Spécialiste des usages des TIC en Education, il travaille sur le projet infoDev porté par la Banque Mondiale. Il a publié notamment en 2005 un rapport intitulé « Impact des TIC sur l'apprentissage & la réussite. Une cartographie des connaissances sur les technologies de l'Information et de la Communication en Education »

Trucano, Michael.  2005. Knowledge Maps : ICTs in Education.  Washington, DC: infoDev / World Bank. (à télécharger sur : http://www.infodev.org/en/Publication.8.html)

Une synthèse des conclusion en 4 pages sera sans doute plus accessibles au plus grand nombre

(à lire et télécharger sur : http://www.infodev.org/en/Publication.154.html)

Les questions qui ont guidé ce rapport de synthèse :

  1. Comment les TIC sont-elles réellement utilisées dans le domaine de l'éducation ?

  2. Que savons-nous à propos de l'impact des TIC sur l'apprentissage ?

  3. Que savons-nous à propos de l'impact des TIC sur la motivation des étudiants et leur implication dans l'apprentissage ?

vendredi 19 novembre 2010

La capacité à être bien intentionné est une denrée rare ...

Ainsi parle Kentaro Toyama (blog), professeur à l’école d’information de Berkeley, ancien informaticien pour Microsoft Research en Inde et membre de l’ONG ICT4D (Information and Communication Technologies for Development), dans le dernier numéro de la Boston Review consacré à la question : “La technologie peut-elle éliminer la pauvreté ?”

One Mouse per Child

"One Mouse per Child" ou A chacun sa souris ...
image tirée d'une présentation de Kentaro Toyama lors de TEDx à Tokyo - mai 2010

C'est Hubert Guillaud qui nous fait découvrir ce témoignage dans un article très complet d'InternetActu du 19/11/2010. En voici un court extrait, j'espère qu'il vous donnera envie d'aller lire la suite :

“Si je devais résumer tout ce que j’ai appris via l’ICT4D, il serait le suivant : la technologie – peu importe sa conception, même si elle est brillante – magnifie les intentions et les capacités de l’homme. Elle n’est pas un substitut. Si vous avez une base de gens compétents et bien intentionnés, alors la technologie appropriée peut amplifier leur capacité et déboucher sur des réalisations étonnantes.” Dans les autres cas, la technologie ne sait pas renverser une situation difficile. L’arrivée d’internet dans les villages ne suffit pas à les transformer. “La technologie est une loupe parce que son impact est multiplicatif, mais en ce qui concerne le changement social, il ne s’additionne pas. Dans le monde développé, il y a une tendance à voir l’internet et d’autres technologies comme nécessairement additives, parce que les contributeurs y ajoutent une valeur positive. Mais leurs apports bénéfiques sont subordonnés à une capacité d’absorption des utilisateurs qui est souvent absente du monde en développement. La technologie a des effets positifs que dans la mesure où les gens sont prêts et capables de l’utiliser de manière positive. Le défi du développement international, c’est que, quel que soit le potentiel des communautés pauvres, la capacité à être bien intentionné est une denrée rare et la technologie ne peut pas rattraper ce déficit.”

mardi 14 septembre 2010

Littératie numérique au Canada

En réponse à la consultation sur l'économie numérique lancée en mai 2010 par le ministre de l'Industrie du Canada, le Réseau Éducation‐Médias a rendu public le 7 juillet dernier, un mémoire d'une cinquantaine de pages, intitulé : « Littératie numérique au Canada : de l'inclusion à la transformation »

Litteracie Numerique

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jeudi 8 avril 2010

La tête dans les nuages ...

En ce moment, je fais de la veille sur différents sujets et différents outils. Une image valant mieux qu'un long discours, cela donne ceci :

Il s'agit d'une représentation graphique du nuage de tags de mes signets stockés à l'aide de Delicious, outil de gestion collaborative en ligne de signets que j'utilise le plus souvent. Est-il nécessaire de préciser que la taille des mots-clés est proportionnelle au nombre de références indexées avec ce marqueur ?

Cela donne une vison assez réaliste de ce qui m'a occupé l'esprit depuis ces deux ou trois dernières années (avant je n'utilisais pas delicious).

Cette image a été réalisée à l'aide du site Wordle qui permet de créer et de configurer facilement (choix des polices, couleurs, orientation du texte, ...) des nuages de mots à partir d'une liste saisie, d'une adresse de page web ou d'un compte delicious.

lundi 8 mars 2010

Principe d'égalité : un français averti en vaut deux

ça y est ! Je viens de récupérer mon nouveau passeport bio (métrique) à la Mairie ...

Pour immortaliser ce moment mémorable, j'ai posé sous rayons X afin de parfaire mon bronzage et entrainer mon épiderme aux futurs scanners qui seront installés dans les aéroports :-)

Un grand merci à Catherine Coroller, journaliste à Libération, qui tient le blog Hexagone. J'avais laissé un commentaire sur son blog en donnant mon témoignage à la suite de son article du 17 février 2010 "Copé au secours des Français en mal de papiers". Elle m'a communiqué par mail une copie de la circulaire adressée le 9 février par le Ministère de l'Intérieur aux Préfets, leur enjoignant de ne plus exiger de certificat de nationalité pour le renouvellement des cartes d'identité et passeport des français nés à l'étranger ou de parents nés à l'étranger, s'ils étaient déjà en possession d'une carte d'identité informatisée plastifiée ou d'un passeport biométrique.

J'ai joint cette copie à un "courrier d'indignation" adressé au maire de ma commune ... et le passeport est arrivé une semaine après, sans que j'ai eu à "prouver que j'étais français". Mince consolation, de toutes façons ma famille était déjà partie sans moi en vacances à l'étranger ...

Pour ceux et celles qui n'ont pas suivi mes péripéties pour obtenir un passeport, voir les billets précédents.

mardi 2 février 2010

Passée cette date, votre nationalité sera périmée ...

Marianne Identité Nationalité Exiguité République Française

Si vous avez raté le premier épisode : Vous êtes français, prouvez-le !

La saga continue !

J'étais hier au Tribunal de Grande Instance de Lyon, après avoir recueilli les différents documents qui semblaient nécessaires dans ma situation pour obtenir le certificat de nationalité française. Je me suis basé sur les documents qui ont permis à ma soeur d'obtenir le dit certificat il y a quelques années.

Une fois sur place, je déchante les extraits d'actes de naissance dont je dispose pour mes grands parents maternels ne suffisent pas. Le greffe du tribunal me demande des copies intégrales d'actes de naissance, et ajoute pour faire bonne mesure, celui de mon arrière grand-père maternel. Heureusement, j'ai un oncle amateur de généalogie qui a effectué un travail précieux qui me permet de connaître les dates et lieux, afin de savoir à quelle mairie demander ces documents dont les originaux datent de plus d'un siècle !

Brice Hortefeux nous enfume

Depuis les articles parus dans la presse, par deux fois des députés de l'opposition, M. Serge Blisko (Groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche), puis M. Patrick Braouezec (Gauche démocrate et républicaine), ont interpellé le Ministre de l'Intérieur lors des traditionnelles questions au Gouvernement à l'Assemblée Nationale.
Des questions plus anciennes ont aussi été faites au Sénat :

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lundi 18 janvier 2010

Vous êtes français ? Prouvez-le !

Ligue des Droits de l'Homme

Appel
A l’initiative de la LDH et de Daniel Karlin, documentariste, un appel a été lancé, signé par de nombreuses personnalités et publié dans Libération pour dénoncer les difficultés qu’ont certains citoyens à renouveler leurs papiers d’identité.

Signez la pétition sur le site de la Ligue des Droits de l'Homme

Rendez-nous notre nationalité

Signez la Pétition à l'initiative de François Rebsamen (Sénateur-Maire de Dijon)

"Le décret n°2005-1726 du 30 décembre 2005 relatif aux passeports impose aux citoyens français, nés à l’étranger ou de parents étrangers, de faire « la preuve » de leur nationalité française (acte de naissance, livret de famille comportant les mentions de naturalisation ou certificat de nationalité française) lors du renouvellement de leurs papiers d’identité, sous le prétexte que l’administration française aurait pu faire une erreur lors d’une précédente délivrance.
Ce décret instaure une nouvelle source de discrimination : la présomption d’usurpation de nationalité. (...)

Pour exiger  la publication de ce texte  qui inverse « la charge de la preuve » et impose le respect du droit français à l’administration,   je vous invite à signer cette pétition."

Cela fait la troisième fois en 6 ans qu'on me demande de prouver ma nationalité française

Je viens d'effectuer une demande de renouvellement de passeport aux services d'Etat-Civil de la Mairie de ma commune (Rhône). Je suis né en France, d'une mère française née en 1930 au Soudan Français (parents français colons pour l'administration française), et d'un père péruvien, naturalisé français lorsque j'avais 18 ans.

Cela fait la troisième fois en 6 ans qu'on me demande de prouver ma nationalité française pour obtenir d'abord un passeport, puis une carte d'identité informatisée, et aujourd'hui pour le renouvellement du passeport.

La première fois j'étais déjà en possession d'un passeport français, mais on m'a expliqué qu'il y avait pas mal de faux-papiers qui circulaient, et que les procédures étaient devenues plus strictes pour les renouvellements.

La seconde fois, à quelques mois d'intervalle et dans la même mairie, malgré mon passeport tout neuf pour lequel je venais de prouver que j'étais français, on m'a redemandé de fournir la preuve de ma nationalité, sous prétexte que c'était pour une carte d'identité informatisée, encore plus sécurisée, que ce n'était pas pareil qu'un passeport ... mais que « rassurez vous bien sûr ce sera la dernière fois ».

Considéré a priori comme un fraudeur et condamné à fournir la preuve que je ne le suis pas !

Pour cette 3ème fois, la semaine dernière, échaudé par mes expériences je me suis présenté à la mairie avec toutes les pièces exigées les fois précédentes pour prouver ma nationalité (actes de naissance et de mariage de mes parents, certificat de naturalisation de mon père, ...), le dossier transmis par la Mairie à la Préfecture avec les pièces qui jusque là avaient suffit a été refusé, la Préfecture demandant un Certificat de nationalité française, délivré par le Tribunal d'Instance.

Ici, il ne s'agit plus de 3 semaines de délais pour obtenir un passeport, mais de plusieurs mois d'attente pour obtenir ce certificat, sur la base de présentation d'un dossier de demande pour lequel il est impossible de savoir à distance quelles sont les pièces demandées (pas d'infos sur internet, ils ne répondent pas au téléphone, d'après les services de la mairie, il faut se rendre plusieurs fois sur place afin d'obtenir ce sésame). Je passe sur le fait qu'il faut des documents originaux quelquefois compliqués à obtenir …

Bilan (provisoire) de tout cela :

  • Je suis sorti du bureau de l'Etat-civil honteux d'être français. Si je pouvais demander une autre nationalité, je crois que je l'aurais fait tout de suite. Mais c'est impossible et si je continue les démarches, c'est par devoir de mémoire pour mes parents et grands-parents, qui étaient fiers d'être français et qui se sont battus pour cela.
  • La nationalité n'est pas comme un pot de yaourt, elle n'a pas de date de péremption. Il est absurde de me demander tous les 5 ans de prouver que je suis français. Ces mesures administratives sont discriminatoires et instaurent de fait une nationalité à deux vitesses, ceux qui sont nés en France de parents nés en France, (appelons-les les Gaulois) … et les autres !

  • Grâce à quelques articles parus dans Libération, il semble que les choses bougent au niveau national. Daniel Karlin appelle avec la Ligue des Droits de l'Homme à une mobilisation sur cette question. J'ai évidemment signé cette pétition, et je vous invite à faire pareil, que vous soyez directement concernés ou non.
Pour aller plus loin : Le problème n'est pas nouveau comme l'atteste ces articles plus anciens :

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