L’expérimentation s'est déroulée en deux temps. La première étape consistait à mettre en circulation 300 chéquiers contenant 10 chèques d’une valeur de 5 € chacun auprès d’un premier échantillon de 300 personnes. L’utilisateur achètait le chéquier pour un montant correspondant à 10% de la valeur réelle. Les prestataires contribuaient à hauteur de 10%, les 80% restant étant financés par les partenaires publics et privés. La deuxième étape s'est concentrée sur un échantillon de 150 utilisateurs salariés d’entreprises qui ont pu acheter un chèque de 15€ au travers de leur participation au comité d’entreprise, pour l’utiliser dans la Cyberbase la plus proche.

Plus de trois quart des chéquiers distribués ont effectivement été utilisés (77%). On a constaté un taux d’utilisation plus élevé chez les hommes que chez les femmes (70 % contre 64 %). Les trois quart utilisaient déjà un ordinateur. Le public féminin demeure le plus exposé au risque de fracture numérique.

Pour les salariés de l’industrie, le relais s’est effectué par le biais des Comités d’Entreprise, qui ont perçu le chéquier à la fois comme une démarche d’accès à la culture, mais aussi comme un premier pas déclencheur de demande de formation professionnelle. L’informatisation des postes de travail gagne du terrain dans les ateliers industriels, et de nombreux salariés sentent qu’il leur faut devancer ces évolutions technologiques par une démarche personnelle volontaire, sous peine de déqualification. Les prestataires chez qui le chéquier pouvait être dépensé ont trouvé le chèque utile à la fois pour la découverte des outils numériques et pour la maintenance du matériel informatique.