In memoriam
Par Philippe le vendredi 6 janvier 2006, 18:58 - Carpe Diem - Lien permanent
Depuis Lima, Pérou.
Suis allé ce matin me promener vers la
mer.
En suivant la promenade du bord de mer, je suis arrivé par hasard au Parque
del amor.
Un muret court en bordure de falaise, recouvert de faiences bigarrées dessinant
des motifs et reproduisant des vers de poètes péruviens dédiés à l'amour.
Par curiosité, j'ai commencé à lire, suivant le mur en arabesque à la recherche
de signatures connues.
Soudain, un premier choc : Jorge Eduardo Eielson avec des mots
dédiés à la mer : Estupendo amor, amar el mar.
Devant le plus beau point de vue sur l'Océan, un bel hommage.
Il manque des coquillages, des étoiles de mer et des oursins... dommage
...
Un peu plus loin... de l'autre côté du mur, tournant le dos à la mer,
Javier Sologuren s'exclame :
no veo
sino el mar
yo soy el mar
Moments intenses d'émotion. Comme un mémorial.
J'aurais voulu avoir un appareil photo, je reviendrais fixer ces mots inclus
dans la pierre. Comment fixer les émotions sinon dans les vers ?
Parque del Amor
La mort va à la cendre et la cendre à la Seine
La Seine va à la mer et la mer à l'amour
Aïe amour amer que la mort désespère
La cendre en cette sphère, c'est le père.
La Sena va al Mar y el Mar al Amor
Amor que tiene en su parque
ni siquiera una flor
Te traigo flor de ceniza
que no tiene color.
Sourds à la poésie du monde
Aveugles au chant de la mer
Les touristes en boucle ronde
Accomplissent leur ministère.
Donde esta Javier ?
Solo mira la tierra
De donde viene Eielson ?
Jorge Eduardo y el mar.
Faut-il pour la poésie sacrifier le confort
Que donne l'illusion du savoir ingénieux ?
Avec ses amis poètes s'enivrer sur le sort
Jeté au beau mâle latino-ténébreux.
Lucho que se quedo sordo
De tanto huir a la vida
Nunca vi una palabra
De las que ahi se dibujo.
PC - Janvier/Enero 2006

Poesìa en A mayor
estupendo Amor AmAr el mAry vivir sòlo de Amor
y mAr
y mirAr siempre el mAr
con Amor
mAgnìfico morir
Al pie del mAr de Amor
Al pie del mAr de Amor morir
pero mirAndo siempre el mAr
con Amor
como si morir
fuerA sòlo no mirAr
el mAr
o dejAr de AmAr
Jorge Eduardo Eielson

no veo
me transplanto
la boca de una flor
es un volcán hembra
horario y minutero
desfilan tierra adentro
pero yo me hallo en el mar
no veo
bebo
un cielo de revés
un torbellino blanco
estalla entre mis huesos
no veo
sino brazos transparentes
el color apenas mima su crepúsculo
no veo
sino el mar
yo soy el mar
(el ciego mar)
Javier Sologuren (1972)
