Extrait des conclusions de l'étude

(juillet 2004)

Nous nous appuyerons sur le modèle de Philippe Mallein, sociologue grenoblois spécialiste des usages des nouvelles technologies, qui propose de s‘interroger sur le sens, l’utilité , l’utilisabilité et la valeur ajoutée de la technologie et/ou du service que l’on envisage de mettre en œuvre.

Ces clés d’analyse doivent permettre de dégager les points forts essentiels d’un projet de mise en œuvre des moyens de communication par visophonie.

Sens

Pour qu’une nouvelle technologie se diffuse auprès d’une population de futurs utilisateurs, il faut qu’elle véhicule du sens pour les usagers, dans leur contexte de vie quotidienne.

  • La visiocommunication est perçu par l’équipe d’ALMA France comme un outil au service d’un réseau de personnes qui souhaitent multiplier et renforcer les liens qui les unissent.

  • Les membres du réseau utilisent beaucoup le téléphone, mais essentiellement d’une manière anonyme, dans le cadre de leur fonction d’écoutant.
    Il me semble que dans ce contexte particulier du réseau ALMA France, la possibilité de « mettre un visage sur une voix » dans le cadre des communications internes au réseau, ne relève pas du gadget mais d’une nécessité de rééquilibrage de la fonction communication, un besoin de contrebalancer l’anonymat exigé par la fonction d’écoutant ou de conseiller/référent.

Utilité

Pour qu’une nouvelle technologie rencontre du succès auprès d’une population de futurs utilisateurs, il faut qu’elle soit immédiatement et réellement utile.

  • L’utilité pour le siège d’ALMA France et son équipe permanente peut paraître évidente, si cette solution permet réellement d’éviter des déplacements, et donc de gérer à distance ce qui se traite habituellement de visu. Une expérience grandeur nature, sur une situation réelle avec une antenne serait intéressante à mener, afin de tester cette utilité, notamment par rapport à un simple contact téléphonique.

  • L’utilité pour les antennes ne va pas de soi, car pour le moment il est plus confortable pour elles de recevoir régulièrement la visite d’un des 2 permanents du siège et de les appeler au téléphone au coup par coup quand elles ont un souci. Les antennes actuelles qui ont l’habitude d’avoir 2 permanents à disposition pour trente à quarante structures, peuvent difficilement se projeter dans un futur réseau qui aura doublé en taille et où ce service ne pourra plus être proposé avec la même fréquence. Aujourd’hui, les antennes pourraient objectivement y trouver leur intérêt, si cela leur permettait de faire des économies dans la prise en charge de frais de déplacement d’une personne du siège qui leur seraient éventuellement imputés, ou bien dans des frais de communication téléphonique via l’utilisation du réseau IP.

Utilisabilité

Pour qu’une nouvelle technologie soit rapidement adoptée par une population de futurs utilisateurs, il faut qu’elle soit facilement utilisable.

  • Le choix d’une technologie à base de téléphonie plutôt qu’une solution s’appuyant sur un micro-ordinateur, semble préférable par rapport à cette question de la facilité d’usage.

  • Toutefois, la compatibilité avec différents terminaux de communication sera recherchée, car il est toujours plus facile d’utiliser un outil que l’on connaît bien et que l’on pratique tous les jours, même s’il est sophistiqué, plutôt que devoir se plier au fonctionnement d’un nouvel outil, même s’il est effectivement plus simple.

Valeur ajoutée

Pour qu’une nouvelle technologie trouve sa place auprès d’une population de futurs utilisateurs, il faut qu’elle leur apporte une valeur ajoutée réelle.

  • La valeur ajoutée pour le siège d’ALMA France et son équipe permanente sera d’abord un gain de qualité de vie et un confort de travail. Dans un deuxième temps, une petite source d’économies lorsque les usages se seront plus largement développés dans le réseau, notamment quand celui-ci aura atteint sa taille complète au niveau national.

  • Pour les antennes, la réactivité des permanents du siège sera améliorée, et cela apparaîtra d’autant plus nettement, au fur et à mesure de la croissance du réseau.
    D’autre part, l’utilisation de cet outil dans le cadre de formations transversales mêlant les permanents et bénévoles de plusieurs antennes, pourrait contribuer à déclencher le développement de relations directes d’antennes à antennes, sans interventions du siège.

  • Pour l’ensemble du réseau, on peut espérer un resserrement des liens interpersonnels entre les acteurs du réseau ALMA, et le développement d’un sentiment d’appartenance à une même famille.
    (N.B. : les webcams sont surtout utilisées au niveau familial pour garder des contacts entre parents éloignés, grands-parents et petits-enfants…)