Je remets aussi les diapos projetées durant conférence :


Mon intervention a soulevé par mal de réactions et discussions, lors des assises et à distance. J'ai volontairement forcé un peu le trait et insister à l'oral sur certaines questions sensibles, afin d'enclencher des remises en question et des débats. Si l'échange n'a pu avoir lieu immédiatement après en plénière, il s'est fait entre les participants dans les couloirs, à table et dans les ateliers ultérieurs … ce qui était le but recherché.

Parmi mes provocations assumées, j'ai appuyé sur le fait que si on prétendait « lutter contre la fracture numérique », alors les jeunes n'étaient pas un public prioritaire dans les EPN ... et de ce fait les actions qui leur étaient proposées devaient s'inscrire plutôt dans une perspective d'Education aux médias, ce qui n'est pas vraiment la même chose en terme d'objectifs et de pratiques pédagogiques.

La définition de la posture du médiateur, neutre vis à vis des technologies et des publics, a beaucoup de mal à être entendue. Elle est peut-être mal formulée (voir commentaire d'Isabelle Ferracci et ma réponse sur @-Brest), mais ce qui est sûr c'est qu'elle heurte de front des années de pratiques d'animateurs évangélisateurs et missionnaires des nouvelles technologies, ou bien plus encore, les volontés émancipatrices des « éducateurs du Peuple » ou les prétentions civilisatrices des "héraults de la Culture".

Pour ce qui est des réactions sur Twitter (#assmednum), malheureusement le fil Twitter a perdu l'historique d'une bonne partie des messages échangés pendant la conférence. Lorsque j'ai cherché à les consulter le lundi après-déjeuner, beaucoup avait déjà disparus. Les réactions de Silv@e (alias Silvère Mercier), parmi les plus nombreuses, les plus critiques et les plus virulentes ont été suivies par un commentaire plus fouillé sur ce blog et un article étayé sur le sien Bibliobsession - "Médiation numérique : réappropriation vs autonomie".

Je m'attendais à cette réaction, puisqu'il a été parmi les premiers (sinon le premier et je salue son initiative précoce) à chercher à donner une définition de la Médiation numérique, … et qu'elle est très différente de celle que je propose ! Je réagirais point par point aux arguments intéressants qu'il développe dans un article spécifique à venir. Je vais prendre un peu mon temps, car mon souci n'est pas de polémiquer mais de construire, d'expliquer plus clairement pour mieux me faire comprendre, d'entendre les critiques fondées et d'en tenir compte pour faire évoluer la définition proposée, et certainement pas de convaincre qui que ce soit d'adhérer à ma vision personnelle du sujet. Ça ne me dérange pas du tout qu'il circule plusieurs définitions différentes de la médiation numérique, pour peu qu'elles soient étayées et qu'elles soient fonctionnelles, c'est à dire qu'elles aident les professionnels à cerner leurs missions et à faire reconnaître leurs actions.